dimanche 27 janvier 2013

Décharge

25 janvier

Ouh, j'ai pris du retard sur mon objectif d'un texte par jour. Il va falloir que je me rattrape.

Ceci dit, c'était nécessaire. Complétement vidée qu'elle était la chtite batterie. Sauf que je ne m'en étais pas vraiment rendue compte. La fatigue était latente, comme un vendredi soir, rien d'anormal. Rien qu'une envie typique de fin de semaine de s'effondrer devant la télé, et d'oublier tout le reste en laissant l'esprit vagabonder sur les scènes d'actions d'un film américain. I-dé-al.

Pas de taxi-familial ce soir, non non non. Bien trop fatiguée pour reprendre le volant une fois arrivée à la maison.

Pas de ménage non plus, non non non. Bien trop fatiguée pour traîner l'aspirateur.

Finalement... bien trop fatiguée pour voir les accidents de voiture sur grand écran aussi puisque je me suis endormie entre deux carambolages...

Et les heures passent et passent, et la marmotte hiberne encore et encore. À peine un peu de mouvement pour retrouver son nid; tout juste un clignement de paupière pour constater qu'il est délicieux de sommeiller, et de continuer :) Le temps d'un cadran d'horloge dépassé, plus de douze heures bien comptées.

C'était rigolo, pas honteux du tout, et nécessaire. Après un très bon week-end, la pile est chargée d'énergie et de mots à conter. De livres aussi. À suivre demain.

jeudi 24 janvier 2013

Rondelle

C'est un empilement de rondelles de métaux qui est à l'origine de la pile électrique.
Mais dans les arts, la rondelle est un ciseau de sculpteur. De marbrier pour être exacte.

Une sculpture, j'en croise une tous les jours, en allant au travail : le cénotaphe de Sherbrooke. Derrière lui, je vois l'Est de la Ville, dans le soleil levant, auréolé d'un ciel bleu extraordinaire, lorsque la brume de la rivière ne le cache pas. Il y a l'hôpital Saint-Vincent, ou est né mon beau Jo qui me manque. Il y a les arbres, qui peuplent la ville presque autant que les habitants. Il y a le Cégep de Sherbrooke ou j'ai passé deux belles années à perfectionner ma musique. Et chaque matin, derrière le cénotaphe qui semble bondir au-dessus de la rivière, je suis heureuse d'être à Sherbrooke. Je trouve ma ville belle, vivante, invitante. Et rien que pour ça, j'aime saluer tous les jours ce drôle d'ange qui salue le vide.
Il me rappelle aussi les pièces de pierre travaillées, imposantes, lourdes, gigantesques et magnifiques que j'ai vu au Louvre il y a plusieurs années, dans le département des sculptures. Une salle remplie de corps d'albâtre, qui m'ont donné la fugitive impression d'être en Olympe, au milieu des Dieux, d'êtres parfaits, immobilisés dans le marbre, et pourtant d'un charisme troublant du fond de leurs yeux vides. J'ai été émue devant la perfection de leur image immobile, touchante. Intimidée et pudique devant tant de nudité réelle.

Mais ma plus belle rencontre fut dans les fondations du Louvre, face à face, droit et altier, il a surgi de toute mon imagination, teintée de Théophile Gautier comme de Papyrus : un petit sphynx certe, une reproduction de l'immense, mais si parfaitement ciselé, modelé au ciseau avec tant de patience et de talent... j'avais l'impression qu'à caresser sa patte, je sentirai la fourrure de l'animal mythique.

Avant, il y avait aussi eu Adjani en Camille Claudel. Il y avait eu ce bloc de marbre si dur... qui se terminait en pied si fin.

Les sculpteurs font parler la pierre.

mercredi 23 janvier 2013

Batterie

Vous êtes-vous déjà tenu devant une batterie?

Vous vous sentez un peu gauche. Ou droit, selon votre latéralité. Un peu maladroit bref. Par ou commencer? Comment s'installer? Quel instrument utiliser?

Dans certains cas, vous opterez pour les casseroles en premier. Il me semble qu'elles sont plus sympathiques, rondes, profondes, accueillantes. On peut y rassembler une grande quantité d'ingrédients mélangés, les faire mijoter longuement, et arriver à un résultat intéressant. Si vous êtes dans une cuisine.

Par ailleurs, si vous optez pour les baguettes, au détriment des mailloches, il vous faudra aborder les peaux avec douceur tant elles résonneront sous les roulements. Et pour bien rouler, vous aurez besoin d'un peu d'adaptation pour tenir les baguettes correctement, vous sentir confortable, les manier avec aisance, et puis nuancer vos frappes. Et encore, vous n'y avez pas mis le pied, tendu sur la pédale au sol, prêt à faire résonner la grosse caisse au moment opportun. Si vous êtes dans un orchestre.

Mais aussi, portez attention aux couleurs. Vous serez transi, à vous demander si les pinces sont au bon endroit sans oser faire un geste. Vos humeurs varieront du noir au rouge. Vous aurez peur de voir des étincelles. Et lorsque le froid vous pénètrera trop, vous prendrez une décision. Il faut bien démarrer. Si vous êtes en voiture.

Il n'y a qu'un situation qu'il vous faudra fuir. Une batterie à éviter. Vous ne voulez pas la connaître. Vous ne souhaitez pas la vivre. Ce n'est pas la grosse caisse qui écopera des coups. Aucune pincette ne pourrait vous sortir de la situation. Démarrer en trombe, peu importe la direction. L'important c'est de vous sauver. Et ne jamais vivre cette querelle, cet échange violent.

Moi j'utiliserai la vieille batterie. Celle que l'on emploie pour réussir à quelque chose.

p.s. un merci spécial à Robert, pour sa grande aide, même s'il est petit.

mardi 22 janvier 2013

Cation

Positivement ionisée, je me suis levée pleine de pensées patientes sur la possibilité de parfaire mon apparence pour cette particulière journée.

Puisque, aujourd'hui, la place est prise par l'âge, je pensais paraître plus précisément en petite jeunesse. Simplement, je prenais le fer à friser pour mes cheveux plats .

Partant dans mes godillots, je préfère passer sur mes mollets un lainage plutôt rose et rayé, pivotant autour de mes pantalons. C'est un peu pitre, mais si joyeux.

Je place à mon paletot mon épinglette de Beppo.

Me voilà prête à partir au travail, en pariant que l'après-midi sera belle, et pourquoi pas la journée pleine.

Cafés après cafés, mes déplacements s'accompagnent des plaisirs souriants qui participent à la parade épatante de ma petite journée d'anniversaire, par ou se succèdent les souhaits sensibles de mes connaissances.

Oups. Dérapage alphabétique...

J'ai pris soin d'apporter un potiquet de chocolat pour partager. Ça fait toujours plaisir de s'empiffrer un peu. Et en paradis, nous ne savons pas si le chocolat sera présenté.

Dans la pénombre, il sera temps de partir dans la poudrerie, le pouls battant les tempes dans le froid piquant.

Ce serait bien à propos de terminer cette partie de plaisir par une poule au pot...

lundi 21 janvier 2013

Bases gourmandes

Avez-vous déjà eu la chance de croquer une amande toute fraîchement cueillie?

Dans mon souvenir, l'amandier est un arbre immense et magnifique, auquel on grimpe à l'aide d'une échelle, afin d'y cueillir de petits cocons vert pâle et duveteux, souples, qui n'ont rien à voir avec l'amande dure, brune, mais savoureuse que vous aimez croquer à vos collations.

À l'aide d'un panier d'osier à anse, et chargé de votre coeur d'enfant le plus pur, grimpez à l'amandier immense, presque pleureur, qui sera le roi du jardin. Remplissez le panier de ces fruits verts, qui ne semblent pas avoir mûris. Remplissez-le bien. Parce qu'il fera le ravissement de vos convives.

Une fois à table, entouré de ceux que vous aimez, découvrez l'amande blanche, tendre, toute jeune encore, qui se trouve au coeur de l'écorce verte. Avec curiosité, glissez le fruit blanc et terriblement doux dans votre bouche, et découvrez le goût de l'amande comme vous ne l'avez jamais goûté auparavant : quelque chose de ravissant comme l'été, de suave comme l'eau fraîche, de parfumé comme la rosée. Un goût lointain que vous retrouverez dans vos collations d'amandes séchées, sans jamais le savourer avec autant de force.

Sauf... peut-être... si l'amande est entourée de chocolat blanc ;)



dimanche 20 janvier 2013

Anion

J'ai osé me replonger dans La Liste De Schindler aujourd'hui. En ce dimanche venteux, j'ai pris du temps télé à me faire remuer les sentiments.

Ce film, je l'avais laissé reposer dans ma mémoire. Je savais à quel point il était beau. À quel point aussi il était cruel. Mais il a la force de son discours : il permet de croire que la cruauté à une fin.

Un anion est un ion à charge négative. Un peu comme un troupeau de SS en Pologne. Des espèces de bourreaux rendus fous par la guerre.

Mais en grec, anion veut aussi dire 'chose qui monte'. Comme attirée par le positif. Et ce film, cette histoire de Schindler, c'est un peu ça : la montée de l'humanité, si forte, chez un homme.

Ce long roman d'images, plein d'une poésie triste, mérite d'être revue. Il faut suivre à nouveau la petite fille en manteau rouge à travers ce film en noir et blanc. Il faut suivre l'énergie et le courage de vivre malgré les jours difficiles. Il faut tenir bon, comme la grand-mère, parce qu'on veut savoir comment ça va finir. Et puis avoir la chair de poule devant la tendresse et l'espoir. Et fondre en larme d'émotions, comme un applaudissements aux survivants.

Et puis il faut monter, pousser comme les arbres des hommes justes, et tenter de faire toujours mieux, pour les gens autour de soi.

Aussi, il faut penser à tous ceux qui, actuellement, doivent survivre, avec les soldats dans les rues, en surveillant gestes, paroles et allégations. Mais qui chaques matins, doivent espérer tenir bon pour connaître la fin, en souhaitant de tout leur coeur qu'elle soit bonne.

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/intervention-militaire-au-mali/201301/19/01-4612901-labc-du-conflit-malien.php

samedi 19 janvier 2013

Une heure

Ce soir, j'espère que Laïka est dans une gentille famille.

Laïka est une jeune chienne a moitié huskies qui ressemble à un jeune renard roux. Elle est vive, petite, fouineuse, joueuse et aime se rouler dans la neige. Lorsque nous avons quitté la SPA tout à l'heure, une famille la promenait et se demandait si c'était le chien qu'il leur fallait. J'espère que la réponse était oui.

J'ai donné une heure de mon temps cet après-midi pour promener les chiens de la SPA. Un bénévolat simple et enrichissant qui te fait revenir chez toi avec un grand sourire ravie.

Ce que ça m'aura demandé? Un coup de téléphone pour réserver mon heure de promenade; une pièce d'identité avec photo pour la location de la laisse; cinq minutes pour lire les instructions des bénévoles; un autre cinq minutes pour recevoir les consignes dans le chenil.

En retour, j'ai fait la connaissance de trois magnifiques chiens; j'ai marché dehors pendant une heure; j'ai reçu les sourires et les remerciements d'une petite équipe bien dynamique et terriblement sympathique. J'ai beaucoup aimé mon expérience.

Et puis je pense à 'Féfille', une femelle mastiff croisée noire, imposante, si douce, calme, à l'écoute. Un chien qui semble parfait pour une famille d'enfants ou une personne plus âgée. Un chien qui marche au pas et qui semble aussi être un excellent gardien.

Et puis à Mia, une femelle Labrador-bulldog : terriblement nerveuse dans les premières minutes, elle sursaute au moindre geste brusque ou lorsqu'on parle trop fort. Mais après quelques minutes d'adaptation, à courir avec elle, la voilà qui marche au pas, toute calme, presque câline.

Le site internet de la SPA est très bien fait et mis à jour chaque semaine. Encourageant : rien qu'aujourd'hui, j'ai entendu parler de deux adoptions, et je pense en avoir vu trois de plus.